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C'était hier... Oui, hier, voici une soixantaine d'années !

 

Comme les choses ont changé en un peu plus de soixante ans ! Il suffit de revoir comment nous vivions les uns et les autres et quels étaient les habitudes des gens... (voir l'extrait vidéo en fin d'article) C'est aussi ce qui a poussé Louis PETRIAC à témoigner de tout cela en se souvenant de l'endroit où il avait grandi aux portes de Paris et où, aujourd'hui il ne reste plus rien du passé, sinon des immeubles d'une vingtaine ou d'une trentaine d'étages et des conceptions architecturales bizarroïdes. Un endroit dont on voulait faire un site marchand et où il ne règne plus qu'un vaste périmètre où s'échangent cocaïne, shit et cannabis.

Extraits : Vous vous coucherez avec mille francs, avait prévenu le Parisien Libéré dans un numéro de janvier 1960 et vous vous relèverez avec dix francs ! Rue de la Gare, comme dans d’autres endroits où il était déjà difficile de compter sans se tromper, le franc lourd laissait augurer quelques nouveaux changements et pas mal de bazar ! Mais on était cependant loin de s’imaginer de ce qu’ils allaient également induire comme autres nouveautés. Puis, soudain, en bordure de la voie ferrée, face aux locaux occupés par l’entreprise Bindschedler spécialisée dans la métallurgie lourde et la sidérurgie, les sirènes de leur vieille usine de la rue d’Aubervilliers se firent oublier. Elles n’avaient pas dû digérer les francs lourds elles non plus. La grande cheminée de l’usine cessa de vomir le crachin noir qu’elle avait pris l’habitude de rejeter alentour. Dans le prolongement des rues de la Haie Coq et de la Gare, sans que l’on comprenne davantage ce qui se passait, les chaînes de montage et d’assemblage se turent. D’un seul coup ! Sans qu’aucun commentaire ne nous parvienne une fois de plus au Roi du Café ! Certes, les trains de marchandises avaient cessé d’emprunter régulièrement ladite voie ! C’était pourtant tellement amusant de voir le garde-barrière dans sa guérite lever ou abaisser cette barrière et les camionnettes du coin s’impatienter ! Combien d’années la sirène de cette vieille usine Bindschedler de la rue d’Aubervilliers avait-elle retentie, rythmant les fins d’après-midi ? Et combien de temps, en longeant ses murs pour nous rendre à l’école Charles Hermite avons-nous entendu ces grands coups de masse ou de marteau donnés à même la ferraille ? Je n’ai, hélas, jamais réussi à retrouver dans les différentes archives consultées, de traces de ce que cette usine produisait très exactement. Ce devait probablement être des poutrelles en acier dont le BTP avait besoin. Elle gardera donc son secret éternellement. Un peu plus tard encore, après être resté désert trois ou quatre ans, le bâtiment de la vieille usine fut démoli. Les Alouettes et tout un pâté de maisons mitoyennes subirent un sort identique. Combien d’ouvriers ou d’instituteurs de l’école Charles Hermite toute proche y avaient-ils déjeuné aux Alouettes ou dans le premier restaurant que l’on trouvait au début de l’avenue Victor Hugo face à la Gare des mines ? Lorsque j’eus la possibilité de parcourir les décombres de ce qu’il en restait et de découvrir certains aspects de cette usine sidérurgique, il me fut facile d’imaginer ce qu’avait été le quotidien de tous ceux qui, employés au traitement et au façonnage de barres métalliques après les avoir hissées sur des portiques, devaient observer des cadences infernales. Après la disparition de la vieille usine qui avait rythmé les va-et-vient d’un quartier, il fut un jour possible d’apercevoir  notre école de la voie ferrée et des jardinets d’alentour. Le Père Neveu avait cessé d’entretenir le sien et, au moment de l’arrivée des francs lourds, nous n’y allions plus. Dans le bas de la rue d’Aubervilliers, au-delà du boulevard Ney et de son carrefour, quasiment au même moment, les vertigineux gazomètres dont les édifices montaient jusqu’au ciel furent également désertés. Gaz de France y employait un peu de monde et le père de l’un de mes premiers complices d’enfance, Alain D... en faisait partie. Alain qu’une autre banlieue assez éloignée de la nôtre  attendait et avec lequel j’avais assez longtemps passé les dimanches matin sans imaginer qu’un beau jour, je me passerai également de sa compagnie, même après avoir cessé de l’accompagner au culte de la rue de l’Evangile le dimanche matin. Était-il écrit que toux ceux que je fréquentais devaient disparaître ainsi de mon existence ?

Cet hommage au quartier de son enfance conçu par Louis PETRIAC, vous pourrez le trouver dans notre boutique en ligne, Et également chez des hypers du livre comme Decitre 

C'ETAIT LE ROI DU CAFE, Louis PETRIAC, ISBN n° 978-2-918296-50-8